Retour de l’Inde / Back from India

English follows

Ce pays où les sens sont en mode de pure exaltation et le conditionnement en permanente réhabilitation. J’utilise fréquemment la métaphore du micro-onde…

Pour la quatrième année consécutive, j’ai quitté les froids du Québec pour venir séjourner dans deux villes rurales pour une durée de six mois. La première au sud, Tiruvannamalai, ville sainte vibrant au rythme des pleines lunes, du mont sacré Arunachala et du ashram de Ramana – une des nombreuses destinations du tourisme spirituel – compte environ 146 000 habitants. La seconde au nord, Rishikesh, enveloppée par l’Himalaya et bordé par le Gange – compte quant à elle quelques 105 000 habitants.

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L’ouïe est le premier sens à être mis au défi. Déjà dans le sud aux petites heures du matin, l’appel à la prière des mosquées s’entremêlent aux cris des coqs, superposé par le concert quotidien des femmes sur les toits battant les vêtements sur la pierre. Tout au long de la journée, les différents livreurs en moto (lait, yaourt, fruits, légumes, fleurs, objets pour les offrandes) ponctuent et indiquent approximativement l’heure de la journée.

À chaque mois, l’Inde célèbre une divinité et c’est la fête pour les enfants qui semblent conserver une bonne réserve de pétards. Les indiens rendent aussi hommage à leurs défunts. Durant trois jours, les tamtams et tambours résonnent dans le quartier. Les mariages sont aussi célébrés en général le soir et la nuit sur une période de trois jours.

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En arrière plan au centre ville et près des grandes artères, le bruit des klaxons se fait entendre en permanence, puisque klaxonner est un geste intégré dans l’enseignement du code de la route. En périphérie, la vie familiale prend naissance dans la rue et dévoile les gestes du quotidien : la toilette matinale, la préparation du dal, soutenu en arrière plan d’une trame de communication mettant en valeur les échanges entre les voisins et les familles. Les animaux contribuent à cet espace sonore – la vache bien sûr, les cris des paons, des chèvres, des singes, des chevaux, des ânes – et en soirée, les dog parties se font entendre jusqu’à tard dans la nuit.

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L’on retrouve aussi une superposition au niveau de l’environnement visuel. Les traditions du début du siècle sont maintenues, entre autre dans le domaine de la construction des immeubles et de la culture pour ne nommer que ceux-ci. Le travail physique met en valeur la contribution des femmes, des hommes, des chevaux et des ânes. Des scènes sont captées telles une empreinte photographique et relèvent quelque fois du surréalisme. D’autre part, les variétés et les contrastes des couleurs sont une représentation de la créativité indienne. On le constate par la beauté du sari, chaque pièce est unique, ainsi que des kolams reconnus dans le sud, ces magnifiques dessins devant les maisons qui varient en fonction des festivités.

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Première odeur matinale, l’oignon rôti, suivi de toutes ses épices que l’on reconnaît : curry, garam masala, cumin, piment… Les femmes cuisinent en général une seule fois dans la journée, ce qui constitue les trois repas. Comment oublier l’odeur de la vache, de son lait qui est extrait à midi et à quatre heure dans le sud ? À dix-huit heure, l’huile des lampes pour le puja embaume le quartier et appelle les gens à la prière et la dévotion.

Les femmes de Tiru

À Tiruvannamalai, j’ai offert plusieurs soins aux femmes du quartier. Elles m’ont apporté un enseignement précieux . J’ai assimilé une gamme de ressentis grâce à ses corps incarnés dans la matière. Le travail physique quotidien, le fait qu’elles sont en général pieds nus, qu’elles transportent des briques, du sable et de la terre sur la tête et dorment sur le sol dévoile la densité de ces corps. Pour la majorité d’entre elles, ce n’est qu’à la deuxième session de cranio sacré, étant familière avec le déroulement du soin, quelles s’abandonnent complètement, à la fois sur les plans physique, émotionnel et spirituel. Je les ai suivi pendant deux mois et demi et constaté une réduction de leur stress physique et psychologique. J’ai énormément de gratitude et de respect pour ces femmes. Leurs conditions de vie est difficile et je les remercie de tout mon cœur.

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D’autre part, des étrangers installés en permanence à Tiruannamalai et Rishikesh ainsi que des voyageurs provenant de tous les continents sont venus partager cet espace d’intimité lors de session.

Cette année, j’ai commencé à porter le sari à Tiruvannamalai. Les circonstances étaient idéales. Ma propriétaire Dharani a cousu toute les blouses et grâce à son aide j’ai appris à enfiler ce vêtement constitué de 5 mètres de tissu. J’ai partagé la joie des femmes et compris que le port du sari démontre un respect de leur culture.

Les séjours en Inde m’apprennent la simplicité, l’humilité, la résilience ainsi que le maintien de la connexion avec le cœur, cet état naturel qui est en chacun de nous et qui nous unit.

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Soin à distance

Depuis mon départ en novembre, j’ai offert plusieurs soins à distance. Toutefois une question persiste Comment ça marche ?

Si l’on considère qu’il existe une force supérieure qui se manifeste sur un autre plan que le plan physique, qui s’exprime selon les traditions, par le prana dans la tradition yogique, le chi, ou l’énergie vitale, en Chine, l’énergie cosmique universelle en spiritualité, nous acceptons donc que, sur un autre plan que le plan phénoménal, tout est énergie. Cette énergie, nous pouvons aussi la ressentir dans notre corps et notre être. Le soin à distance se réalise dans cette espace avec l’intention unique de compassion, d’énergie de l’amour. Que ce soit en direct ou à distance, je suis uniquement l’instrument de cette énergie.

Je suis de retour à Montréal et disponible pour des soins.


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That country, where the senses exult and the body is always in the process of rehabilitating. I frequently use the microwave metaphor …

For the fourth straight year, I left behind Quebec’s cold weather and spent six months in two rural towns. The first, Tiruvannamalai, is in the south and has about 146,000 inhabitants. This sacred city pulses to the rhythm of the full moon, the holy hill Arunachala, and the ashram of Ramana, one of many destinations for spiritual tourism. In the north, the second town, Rishikesh, has approximately 105,000 inhabitants. Nestled in the Himalayas, it lies on the banks of the Ganges.

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Hearing is the first sense to be challenged. In the south, very early in the morning, the call to prayer from the mosques begins to mingle with the crowing of roosters and the daily concert from the women on the roofs as they beat clothing on stones. Throughout the day, people deliver milk, yogurt, fruit, vegetables, flowers, and objects for offerings by motorcycle, punctuating the day and giving an approximate idea of the time.

Every month, India celebrates a divinity, and the children take the opportunity to mark the occasion with their seemingly boundless stock of firecrackers. Indians also pay homage to their dead. For three days, tom-toms and drums resonate through the neighbourhood. Weddings are also usually celebrated throughout the evening and night over three days.

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Downtown and close to the major roads, horns form a permanent backdrop of noise, as honking is taught as part of the highway code. Along with that, family life takes shape in the streets, unveiling routine tasks: morning ablutions, preparing dal, overlaying a web of communications that draws attention to exchanges between neighbours and within families. The animals also contribute to the soundscape: there are cows, of course, along with the cries of peacocks, goats, horses, donkeys and, in the evening, dog parties can be heard until the wee hours.

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The visual environment is also layered. The traditions of previous centuries persist, for example, in the construction and cultural industries. Women, men, horses and donkeys all contribute their physical labour. Scenes are captured as if photographed, sometimes seeming surreal. Moreover, the variety of colours and contrasts are a representation of Indian creativity. This can be seen in the beauty of the sari, with every piece unique, as well as the kolams that are renowned in the south, the magnificent drawings in front of homes that vary based on the festivity.

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The first odour of the morning is roasting onion, followed by all of the spices we recognize: curry, garam masala, cumin, pepper … In general, the women cook only once a day, making the three meals. Then there’s the unforgettable smell of cows, which, in the south, are milked at noon and four p.m. At 6 p.m., the oil of the puja lamps scents the neighbourhood, calling people to prayers and devotions.

Women of Tiru

In Tiruvannamalai, I provided a number of services to neighbourhood women, and learnt a great deal from them. I assimilated a range of feelings thanks to their bodies, incarnated in matter. Their physical and daily labour, the fact that they usually go barefoot, carry bricks, sand and earth on their heads, and sleep on the ground unveils the density of their bodies. Most of them only fully let themselves release physically, emotionally and spiritually in the second cranio sacral therapy session, once they become familiar with the practice. I followed them for two and a half months, and saw their physical and psychological stress decrease. I am very grateful to these women, and have enormous respect for them. Their lives are difficult, and I thank them with all my heart.

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Foreigners who are permanently based in Tiruvannamalai and Rishikesh also came to enjoy sessions in the intimate space, as did travellers from all continents.

This year, I began to wear a sari in Tiruvannamalai. The circumstances were ideal. My landlord, Dharani, sewed all of the blouses and, with her help, I learned how to wrap the garment, which is made up of 5 metres of cloth. I shared the joy of the women and understood that wearing the sari shows respect for their culture.

My visits to India are teaching me simplicity, humility, and resilience, as well as maintaining a heart connection, that natural state in each of us that unites us.

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Remote care

Since I left in November, I have offered several care sessions remotely. One question persists, however: how does it work?

If we believe there is a greater force that manifests on a non-physical plane, which is expressed, depending on the tradition, as prana (in yoga), chi (vital energy, in China), universal cosmic energy (in spirituality), we accept that, in another realm than the phenomenal world, everything is energy. We can feel this energy in our bodies and beings as well. Remote care is done in this space, with the sole intention of compassion, energy and love. Whether it is provided in person or remotely, I am only the energy’s instrument.

I am back in Montreal, and available to provide care.

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